mercredi 13 novembre 2013

Les Contes Macabres - Edgar Allan Poe - Illustrés par Benjamin Lacombe

Traduction de Charles Baudelaire
Illustrations de Benjamin Lacombe
Editions Soleil, Collection  Métamorphose, 218 p


Cet album présente les contes suivants :  - Bérénice
- Le Chat Noir
- L'Ile de la Fée
- Le Cœur révélateur
- La Chute de la Maison Usher
- Le Portrait Ovale
- Morella
- Ligeia

Les Contes sont suivis de EDGAR POE, sa vie, ses œuvres de Charles Baudelaire, puis d'une biographie-bibliographie d'Edgar Poe, de Charles Baudelaire et de Benjamin Lacombe.

Ce magnifique album de 218 pages est un vrai petit bijou.

La couverture :
D'un noir mat, elle est ornée d'un superbe médaillon sur fond rouge, représentant une veuve à la tenue rehaussée de dentelle. Les illustrations sont soignées jusque dans les moindres détails : reflets satinés du tissu, finesse de la dentelle, grains et croix du chapelet, délicatesse  du visage et des mains de la femme.
Le médaillon est entouré d'une guirlande végétale en creux (fer à chaud noir sur noir) d'où émergent des têtes de mort et un chat noir squelettique :-)
Des petites têtes de mort en vernis brillant  disposées régulièrement, en alternance avec le visage  cadavérique  d'Edgar Poe, parachèvent la touche macabre de cette couverture.



A l'intérieur de l'album :
Les nouvelles imprimées en noir sur fond blanc alternent avec celles imprimées en blanc sur fond noir. 
Les illustrations de Benjamin Lacombe, où les tons noir, rouge, verdâtre et blanc prédominent se marient à merveille avec la prose d'Edgar Poe et les thèmes repris dans ce volume.





Beaucoup de touches font que j'éprouve toujours un réel plaisir à me plonger dans ce superbe livre : lettrine décorant le début de chaque histoire, cadres ornés de petits détails macabres, médaillons en présentation et en fin d'histoires). Je trouve que le trait reste toujours élégant.


En ce qui concerne les contes proprement dits, ce recueil nous offre le   plaisir de lire à la fois Edgar Poe et Charles Baudelaire, puisque c'est le second qui a traduit ici les textes du premier. Sélectionnées parmi l'oeuvre d'Edgar Poe, ces nouvelles fantastiques ont pour thème commun la mort et prennent souvent leur source dans une obsession. Le thème de la folie est récurrent, et dans une moindre mesure, celui de l'addiction (alcool, opium, qui servent la folie). La femme occupe dans ce recueil un rôle central (sauf dans Le coeur révélateur où elle est absente). C'est d'elle que naît presque toujours l'obsession de l'homme, et elle en est sa victime.
L'Ile aux fées est un peu à part : bien que morbide, j'ai trouvé qu'elle pouvait aussi s'apparenter à un rêve.

Je classe ce livre dans mes Coups de Cœur.

Les avis de Mrs Figg et Hilde


C'est une participation tardive au Challenge Halloween chez Lou et Hilde.


Il rentre également dans le cadre du Challenge XIXème siècle chez Fanny et Kheira.


lundi 11 novembre 2013

Une averse - Kim Yu-jong


Recueil de nouvelles traduit du coréen par Choi Mikyung et Jean-Noël Juttet
Editions ZULMA, 2000, 148 pages


Le thème des nouvelles de ce recueil sont tout à la fois le couple - cette désastreuse entreprise - et la condition paysanne en Corée au début du XXème siècle. 

Kim Yu-jong (1908 -1937) connait parfaitement son sujet puisqu' il  abandonne à 23 ans  la ville et l'université pour retourner à Sille, son village natal. Il y  mène une vie vouée aux petites gens et à l'écriture, avant de mourir de la tuberculose à l'âge de 29 ans.

Côtoyant les ouvriers, les paysans et les marchands  d'alcool ambulants, il prend conscience de la misère qui règne en milieu rural, situation aggravée par l'occupation japonaise.
Il fonde alors une école du soir pour permettre aux personnes analphabètes d'apprendre à lire et à écrire.

Auteur de 30 nouvelles et de 12 essais, il fut membre du groupe littéraire Guinhoe créé en 1933 et remporta  en 1935 deux concours de jeunes écrivains organisés par les journaux Chosun Ilbo et Joseon Joongang Ilbo.

Sources : Note de l'éditeur et  KBS World.

Une averse est un recueil de neuf nouvelles :
- Une averse
- Automne
- Les Camélias
- La Marmite
- C'est l'printemps !
- Ma femme
- Amour conjugal
- La Vagabonde
- Canicule

Un court lexique à la fin du recueil donne les définitions des quelques mots coréens figurant dans ces nouvelles.

Début du XXème siècle : Kim Yu-jong nous livre ici des scènes de la vie paysanne coréenne, où la misère quotidienne laisse peu de place à la tendresse. La discorde est au cœur de chacune de ses histoires, hommes et femmes passent leur temps à se déchirer. 
Avec  un sens de l'humour qui peut surprendre vu le contexte, mais parfaitement maîtrisé, l'auteur nous dépeint sans fard ni complaisance une réalité où la survie est un combat quotidien, avec toutes les dérives qui en découlent : criblés de dettes, les hommes se réfugient dans l'alcool et le jeu. Battues par leur mari, les femmes sont acculées à la prostitution (Une averse) ou sont vendues (Automne). À 16 ou 19 ans, elles n'ont la plupart du temps connu que la misère et sont exploitées par les hommes, que ce soit leur mari ou  leur propre père (C'est l'printemps).
Dans La Marmite, le mari dépouille peu à peu sa femme au profit d'une marchande d'alcool ambulante avec laquelle il espère s'enfuir.
Néanmoins les femmes ne sont pas toujours présentées en victimes. Certaines se montrent retorses et manipulatrices.

Mais il y a parfois des retournements de situation et l'arroseur se retrouve arrosé.


Le style est vivant et haut en couleur, l'auteur n'hésitant pas à parler cru mais sachant aussi décrire avec poésie et délicatesse.

La dernière nouvelle, Canicule, est un peu à part, et, racontée sans fioritures, elle est aussi tragique que bouleversante.

Un recueil édifiant qui mérite d'être lu.

En voici quelques extraits :

UNE AVERSE

Il faisait nuit noire. La pluie redoublait, frappant de tous les côtés les murs de leur misérable chambre. L'eau suintait à travers le sol en terre battue. Deux morceaux de natte étalés à même le sol leur servaient de couchage. Point de lampe : il faisait aussi noir qu'en enfer. Les puces, qui les assaillaient de toutes parts, s'en donnaient à cœur joie.
     Mais, habitués à dormir habillés, ils s'étaient couchés tranquillement, ne prêtant l'oreille qu'au chant incessant de la pluie. La pauvreté leur avait interdit toute affection. (Page 20)

     Elle n'ignorait nullement que son mari avait besoin, d'urgence,  de ces deux wons. Mais pour elle, par rapport aux quelques sous qu'elle parvenait à gagner, c'était une somme colossale. Au petit matin, dès qu'elle avait ouvert les yeux, elle prenait sa sacoche, et se précipitait avant tout le monde à la montagne pour cueillir ici ou là quelques plantes recherchées, comme la raiponce ou les racines de de todok. Chaussée de rustiques sandales de paille, elle grimpait sur les pentes escarpées et allait d'un rocher à l'autre. Elle suait à grosses gouttes, à croire que son frêle corps laissait s'écouler toutes les forces qu'il avait accumulées depuis la plus tendre enfance.
   Entravant sa marche, sa vieille jupe sans doublure lui collait aux reins et aux jambes. Les ronces écorchaient férocement ses mollets moites de sueur. Et cette lourde odeur qui montait de la terre l'oppressait. Pourtant, rien qui ressemblât à une plainte ne venait traverser l'esprit de cette jeune femme qui se démenait de son mieux pour survivre.  (Page 11)

      Chunho se tenait assis, la colère ne l'avait pas quitté.
     A Inje, son village natal, il n'avait eu que de mauvaises récoltes. Criblé de dettes, il avait vécu sous la menace de créanciers qui se faisaient chaque jour plus pressants.
      Voilà trois ans de ça, il avait décidé de s'enfuir, de nuit, abandonnant tout, meubles et maison. Démuni, il avait erré d'une vallée à l'autre à la recherche d'un endroit meilleur pour vivre, traînant sa jeune femme par le poignet. C'était ainsi qu'il était arrivé dans ce village. Mais c'était partout la même chose : dès qu'il posait la main sur un manche de pioche, que ce fût ici ou ailleurs, il ne se sentait pour elle aucune sympathie. Seules se précipitaient généreusement à sa rencontre la sombre inquiétude et la faim. Les gens n'auraient pas trouvé raisonnable de lui laisser le moindre lopin de terre. Personne ne voulait l'engager comme ouvrier agricole car il n'y avait pas assez de travail. Dans ces conditions il n'avait pas, bien entendu, de quoi se nourrir. De plus, il s'était mis à jouer - car le jeu faisait des ravages chez les paysans en même temps que la pauvreté gagnait dans les campagnes (Pages 18-19)


AUTOMNE
    

     Ce n'est qu'ensuite qu'il a pris sa bourse (elle était accrochée à la boutonnière de son gilet  et fermée par une vieille ficelle). Il en a tiré un paquet de billets d'un won, tout crasseux, et il les a comptés, en s'appliquant bien, du premier au dernier, puis du dernier au premier, et une nouvelle fois en tournant la liasse sens dessus dessous. Avant chaque opération, il se mouillait les doigts sur la langue. Ces billets déjà bien baveux, Pongman les a ensuite comptés à son tour en y ajoutant de sa salive. Pour qu'ils deviennent bien beaux, les billets de banque, il faut sans doute y mettre beaucoup de salive.
     Là, si j'ai touché un sou de commission, sans blague, je veux bien changer de nom.


J'ai lu ce recueil dans le cadre du challenge Petit BAC 2013 chez Enna, catégorie phénomène météo.




samedi 9 novembre 2013

Berlin (1)

La destination mystérieuse, c'était Berlin :-)


La première chose qu'on est allé voir sitôt les bagages posés est l' East Side Gallery (située Mühlenstraße). À cet endroit, une portion de mur de 1km300 a été conservée et elle a été peinte par  118 artistes.
Les peintures sont très diverses, bien que le thème du mur lui-même, ou de la paix, soient fréquemment illustrés.

Sur la fresque ci-dessous, on peut voir "une rose pour chacune des 136 victimes". 





Ci-dessus la Spree (rivière qui traverse Berlin) et l'Oberbaumbrücke.

De 1961 à 1989, sur une rive, Berlin Est, sur l'autre Berlin Ouest.
Pendant cette période, le pont était un poste frontière accessible seulement aux piétons munis d'autorisation.


La Spree se trouvait en intégralité en RDA.
6 personnes y périrent noyées en tentant de rejoindre Berlin Ouest à la nage, 5 autres furent abattues par les gardes.










L'inscription signifie  : Il reste beaucoup de murs à abattre

Endommagé par l'érosion et les graffitis, le mur a été rénové en 2009.




On trouve une autre portion du mur au Mémorial de Bernauer straße. On peut y voir les photos des hommes et des femmes ayant perdu la vie en tentant de franchir le mur.






On voit ici la largeur qui séparait les deux murs d'enceinte. Il faut imaginer en plus des barbelés, des miradors et des mines...






Berlin est une ville très agréable, aux avenues bordées d'arbres et de larges trottoirs, où piétons et vélos cohabitent sans problème. C'est une capitale paisible qui invite à la découvrir à pieds... le long des eaux tranquilles de la Spree, par exemple...






Au-delà de la porte de Brandebourg, 
à l'entrée du Parc de Tiergarten, 
se trouve le Palais du Reichstag où siège le Parlement de l'Allemagne fédérale depuis 1991.
Le palais a été rénové après la chute du mur.
C'est alors que fut construite la coupole de verre, pour remplacer l'ancien dôme détruit pendant la guerre et qui n'avait pas été remplacé.
Cette coupole est l'un des symboles de l'Allemagne réunifiée.




Bibiothèque Marie-Elisabeth Lüders

(Bibliothèque du Parlement Fédéral)




L'Oberbaumbrücke










jeudi 7 novembre 2013

L'amour, la mort, les fringues

Un clin d’œil à J'ai deux amours, mon sac et Paris présenté chez Keisha.




L'amour, la mort, les fringues est un spectacle (lecture théâtrale) qui s'est joué au théâtre Marigny en 2011 et qui s'ouvre ainsi :
Un jour  j'étais clouée au lit avec une sale migraine... je me suis souvenue d'une robe que je portais il y a longtemps, et puis d'une autre et encore d'une autre... J'ai essayé de les dessiner pour les faire renaître  de ma mémoire un peu plus précisément. Et tout-à-coup je me suis dit : C'est drôle, ces robes racontent toutes une histoire...

L'amour, la mort, les fringues est une comédie : le ton est léger, on sourit beaucoup, on rit franchement... mais pas seulement.  Au-delà de ce titre qui ne se prend pas du tout au sérieux , la garde-robe est  prétexte à une femme, Gigi,  pour revenir sur l'histoire de sa vie. De dessin en illustration, d'anecdote en souvenir, Gigi nous confie comment, pré-adolescente, elle a été si  fière de porter ses premiers bas, (qu'on donnait à l'époque à remailler) et la façon dont elle les a soutirés à sa mère (ça vaut le détour)... puis on rencontre Gigi jeune mariée et plus tard... plus jeune divorcée de France après Brigitte Bardot. On croise ses sœurs, ses copines, ses parents, on assiste à leurs espoirs, leurs bonheurs, leurs fous rires mais aussi leurs drames... Si certaines anecdotes nous font faire un bond dans le temps, d'autres sont résolument actuelles. En se remémorant ses parents, ses grands-parents, Gigi s'interroge sur les souvenirs  qu'elle laissera à ses propres enfants et petits enfants. 
Les dessins et leurs petites histoires réunis leur montreront ainsi d'autres facettes de la personnalité de cette femme :
Grâce à ces dessins j'ai pu raconter à mes enfants et à mes petits-enfants certaines choses que jamais je ne leur aurais  racontées. J'avais envie qu'ils sachent que j'avais été quelqu'un d'autre que juste leur maman, ou Gigi, leur grand-mère... que j'avais été une fille, que moi aussi j'avais eu des meilleures copines, qu'on avait fait les quatre cents coups ensemble... qu'on avait été bête, et drôles...et naïves !! [...] Bref, javais envie qu'ils aient de moi une image un peu plus déconneuse que l'image modèle que je m'étais acharnée à fabriquer pour eux.


Cette pièce s'est jouée au théâtre Marigny en 2011. Je ne l'ai pas trouvée  DVD mais elle est passée en juillet dernier sur France 2 : il s'agit d'un montage de différentes représentations (clic) car plusieurs troupes de 5 actrices  se sont succédées au fil des mois. Parmi elles Françoise Fabian, Alexandra Lamy, Sylvie Testud, Valérie Bonneton, Karine Viard et  la regrettée Bernadette Lafont.




Voici un extrait à propos des sacs à main :

Un soir j'ai essayé de me passer d'un sac.
Je me suis débrouillée avec un rouge à lèvres, un billet de 10 euros, une carte de crédit, et basta ! dans la poche de mon manteau !
Le lendemain, ça a dégénéré. J'ai rajouté mon mouchoir, mon poudrier, mon portable, j'avais rempli les deux poches. C'était foutu, j'avais transformé mon manteau en sac !
Bon, c'est tout de même mieux que de trimbaler un sac, parce que dès que tu tombes dans le piège du sac, tu ne t'en sors plus. Tu commences petit, puis tu y crois, tu te fixes des règles : 
- premièrement, l'ordre,
- deuxièmement, le minimum : le portefeuille, et un minimum de maquillage dans une toute petite pochette.
Normalement l'i-phone évite le carnet. Sauf que pas question de lâcher mon vieux carnet, il a cent ans, il est en miettes, élimé, illisible mais je l'aime et je ne m'en sépare jamais donc... la malédiction recommence : en quelques jours, en quelques minutes, ton sac s'est recyclé en poubelle de ta vie ! Le blush s'est effrité au fond, les pièces de monnaie sont tombées dans le blush. Les cartes de crédit, merde, elles sont où les cartes de crédit ? Ah, c'est pas vrai ! J'ai payé quoi ? Où ? Et ça c'est quoi ? Ah, un reçu de carte bleue ... Monoprix 2008 ??! Y'a aussi une bouteille d'eau cabossée à moitié vide et tiède, des biscuits écrasés - heureusement le sachet a tenu - ah, y'en avait un autre, merde, il a pas tenu ! Ah, humm, ooohh ... un vieux bout de fromage aplati dans son plastique, oui, oui, oui, rescapé d'un voyage en avion et  conservé en cas de fringale ! Ou d'un crash façon Lost où 350 passagers s'entre-tueraient sur une plage pour une bouchée de gruyère ! Bah voilà, bravo, tout ce que tu possèdes au monde est rentré dans ton sac. Ah, tu peux fuir les Cosaques, t'échouer sur une île déserte, grimper l'Everest, tu as tout ce qu'il te faut ! Mais attention ! Si tu 'ouvres ton sac, tu trouves ... rien. RIEN. Même pas le téléphone qui sonne ! Rien ! Tu fouilles dans un trou noir, hostile, rempli d'objets exaspérants, une calamité !
Alors c'est quoi la solution ?




mercredi 6 novembre 2013

La disparue du Père Lachaise - Claude Izner

Publié aux éditions 10/18 - Département d'Univers Poche, 2003, 301 pages.
Collection Grands Détectives.

Quatrième de couverture :
Paris, 1890. Quelle n'est pas la surprise de Victor Legris de voir débarquer Denise Le Louarn, la gouvernante de son ancienne maîtresse, Odette de Valois, dans sa librairie de la rue des Saints-Pères. La jeune femme est visiblement bouleversée. Elle lui apprend qu'Odette, devenue depuis peu adepte de ce spiritisme tant en vogue, a disparu à la suite d'un étrange rendez-vous au cimetière du Père-Lachaise. D'abord sceptique, Victor ne peut s'empêcher de s'interroger et le voilà donc lancé sur la piste de son ancienne maîtresse... À sa suite on découvre ce Paris où l'on entendait encore le bruit des sabots sur les pavés de bois et les cris des petits métiers, où les hommes portaient le haut-de-forme, les femmes le corset et où les mystères naissaient à chaque coin de rue...

A propos des auteurs (présentation 10/18):
Claude Izner est le pseudonyme de deux sœurs, Liliane Korb et Laurence Lefèvre. Liliane a longtemps exercé le métier de chef monteuse de cinéma, avant de se reconvertir bouquiniste sur les quais de Seine, qu'elle a quittés en 2004. Laurence a publié deux romans chez Calmann-Lévy en 1977 et 1979. Elle est bouquiniste sur les quais. Elles ont réalisé plusieurs courts-métrages et des spectacles audiovisuels. Elles écrivent ensemble et individuellement depuis de nombreuses années, tant pour la jeunesse que pour les adultes. Leur goût pour l'histoire et le polar leur a donné l'envie de créer un nouveau personnage pour "Grands Détectives", Victor Legris, libraire et enquêteur dans le Paris du XIXème siècle. Le premier titre de la série, Mystère rue des Saints-Pères, a reçu le prix Michel Lebrun en 2003.

J'ai trouvé une interview des auteurs lors de l'émission La grande librairie sur Babelio  (clic)

La disparue du Père-Lachaise est le second volet d'une série qui comprend à ce jour  onze romans policiers mettant en scène Victor Legris. Le 1er tome, Mystère rue des Saints-Pères, se déroule lors de l'exposition universelle de 1889. Victor Legris, la trentaine, passionné de photographie, tient, avec son père adoptif et associé, Kenji Mori, la librairie Elzévir, 18, rue des Saints-Pères à Paris. Ils emploient Joseph,  20 ans environ, passionné de romans, en particulier de romans policiers.
Ce jeune homme était une recrue précieuse. Il avait tout lu, se souvenait de tout, incollable quant au contenu des ouvrages et à leur date de publication, le chiffre de leur tirage, le nombre des éditions sur beau papier et même le nom de l'imprimeur. (extrait de Mystère rue des Saints-Pères)

Bien que Victor Legris soit libraire, les livres ne sont pas à l'origine des intrigues, comme c'était le cas dans La librairie Tanabe de Miyabe Myuki. La librairie occupe malgré tout une place de choix dans les romans.
J'ai aimé imaginer les devantures avec les titres de l'époque que Claude Izner nous décrit :

Au-delà des vitrines serties dans des boiseries vert bronze s'alignaient de grands cartonnages rouges, dorés sur tranche, ainsi que les plus récentes parutions, parmi lesquelles figuraient en bonne place le dernier livre d'Emile Zola, La Bête humaine, celui très controversé de Lucien Descaves, Sous-Offs, et un Shakespeare ouvert sur une sulfureuse illustration de sorcières. Un coin de la devanture était consacré à des romans dont Denise déchiffra les titres à mi-voix : L'Affaire Lerouge d'Emile Gaboriau, Les Exploits de Rocambole de Ponson du Terrail, Le Mystère d'Edwin Drood de Charles Dickens, La Bande à Fifi Vollard de Constant Guéroult, La Pierre de Lune de William Wilkie Collins. (La disparue du Père Lachaise p43)

A la mort de son mari, Odette de Valois s'est tournée vers le spiritisme. Elle disparaît après s'être rendue à un rendez-vous dans la chapelle abritant le caveau familial au cimetière du Père-Lachaise. Le père Moscou, un vieillard un peu loufoque, nostalgique de l'Empire, vit d'objets qu'il récupère ici et là et qu'il revend. Il se retrouve mêlé à l'histoire après qu'on ait dissimulé à son insu un cadavre au fond de sa carriole.

C'est une série que je lis avant tout pour son ambiance, l'atmosphère de ce Paris  fin XIXème.
Munissez-vous de bonnes chaussures et d'un plan  pour lire ce livre car on arpente sans relâche les rues de la capitale :-) : on suit le père Moscou du Père-Lachaise aux ruines de la Cour des comptes*, quai d'Orsay, où il "a installé son bivouac". Il revend ses "trésors" au Carreau du Temple ou rue de Pernelle après avoir longé les quais. Odette de Valois habite boulevard Haussmann, on repêche une malheureuse victime dans la Seine au Pont de Crimée.
Le roman est très bien documenté, on voit que les auteurs connaissent bien la capitale, et l'époque où elles ont situé leurs histoires.
Et, bonus que j'apprécie énormément, les livres sont dotés d'une postface historique d'environ 8 pages consacrée à l'année où se déroule le roman.

* La Cour des comptes siégeait au Palais d'Orsay, qui fut incendié  en 1871. A sa place sera construite la gare d'Orsay, inaugurée pour l'exposition universelle de 1900. Elle abrite aujourd'hui le musée d'Orsay.

J'ai trouvé des illustration du Palais d'Orsay après l'incendie, tel qu'il devait être en 1890, à l'époque du roman. (Photos Domaine Public, trouvées sur Wikipédia)



Ce roman rentre dans la cadre du challenge La Plume au Féminin chez Opaline et du Challenge XIXème siècle chez Fanny et Kheira.

dimanche 3 novembre 2013

Un après-midi au Père-Lachaise

Samedi 19 octobre, nous sommes allés nous promener au cimetière du Père-Lachaise, à Paris.

Avec ses 44 hectares, le Père-Lachaise est le plus grand cimetière de Paris intra-muros. Bâti sur une colline, il doit son nom au confesseur de Louis XIV, François d'Aix de La Chaise, dit le Père La Chaise, qui y demeura de 1675 à 1709, alors que c'était un lieu de repos et de convalescence appartenant aux Jésuites. En 1762, ceux-ci furent contraints de le vendre. De propriétaires en propriétaires, le terrain finit par revenir au Préfet de la Seine, Nicolas Frochot.

En 1765, une loi interdit les cimetières en ville, entraînant 15 ans plus tard, en 1780, la fermeture du Cimetière des Innocents. Paris doit alors se doter de nouveaux lieux de sépultures. C'est ainsi qu'au début du XIXème sont créés, alors en dehors de Paris, le cimetière de Montmartre au nord, le cimetière de l'est (actuel cimetière du Père Lachaise), le cimetière de Montparnasse au sud et le cimetière de Passy à l'ouest.

La conception en fut confiée en 1803 à l'architecte A.T. Brongniart (qui dessina la Bourse de Paris, ou Palais Brongniart).
Un des  charmes majeurs du Père-Lachaise est qu'il est très arboré, ce qui en fait un cadre exceptionnel. Il a été conçu à l'image d'un grand parc à l'anglaise, ce qui était à l'époque une innovation.
La première inhumation s'y déroula le 21 mai 1804.

C'est l'un des sites les plus visités de Paris. Le nombre de célébrités qui y reposent n'y est pas étranger, mais ce n'est pas la seule raison. Il y a en ce lieu nombre de sculptures et de monuments funéraires assez remarquables, qui en fait un vrai musée à ciel ouvert. La beauté en est rehaussée par la végétation omniprésente.

J'avais imprimé un plan trouvé sur Internet mais l'encre ayant un peu bavé, il n'était guère lisible. Nous sommes entrés par la porte Rue du Repos (!) et nous sommes allés  à la conservation dans l'intention de demander un plan, mais pas de chance, celle-ci était fermée. Nous avons donc fait à l'aide du téléphone portable une photo du plan à l'entrée du cimetière.

J'avais préparé une "balade littéraire" et une sur le thème  des peintres mais ce cimetière est tellement étendu que je n'ai pas pu tout voir, loin de là. Nous avons aussi flâné dans les allées, au gré des sépultures que nous rencontrions, qu'elles abritent ou non des célébrités, beaucoup de tombes de défunts inconnus  ayant tout autant de charme.

Dans la foulée, j'ai relu La disparue du Père-Lachaise de Claude Izner et j'ai trouvé amusant de faire correspondre certains passage du livre avec mes photos. D'autres photos seront publiées lors d' un 2ème article et mon billet concernant le roman paraîtra mardi. N'hésitez pas à cliquer sur les photos pour les agrandir.

Page 17 : Précédent de peu un convoi funéraire, le fiacre pénétra dans le cimetière et emprunta l'avenue circulaire. La pluie nimbait d'un dôme luisant l'immense nécropole. De part et d'autre de la route se succédaient chapelles, cénotaphes, mausolées ....





... ornés d'angelots dodus ...










... ou de nymphes éplorées.

La Musique en pleurs sur la tombe de Frédéric Chopin.
Il s'agit d'un monument (tombeau + statue) réalisé par  Auguste Clésinger (époux de la fille de George Sand) en 1850.




Page 18 : Le fiacre amorça un virage et manqua percuter un grand bonhomme à cheveux blancs contemplant la croupe épanouie d'une pleureuse de bronze. 



La tombe est celle de Paul Baudry, peintre français (1828-1886)
Les sculptures sont l'oeuvre d'Antonin Mercié ( Toulouse 1845 -  Paris 1916)




Page 20 : Elle tentait de se rassurer en se remémorant ses promenades dans la forêt de Nevet avec son cousin Ronan dont elle avait été amoureuse à treize ans. Quel beau garçon c'était, et quel dommage qu'il lui en eût préféré une autre ! Perdue dans ses pensées, elle oubliait peu à peu son angoisse, revivait les trop rares moments  heureux de son enfance, les deux années passées à Douarnenez chez son oncle marin pêcheur, la gentillesse de sa tante, les prévenances de son cousin [...]
Elle reprit soudain conscience du décor  à la vue d'un mausolée pseudo-gothique un peu effrité couvert de noms entrelacés. Elle s'approcha et lut  que là étaient enterrés depuis le début du siècle les restes d'Héloïse et d'Abélard. N'était-il pas étrange que le souvenir de Ronan l'eût conduite au tombeau des amants légendaires ?




Page 19 : [...]vous avez amplement le temps de visiter, je vous conseille la tombe de Musset, là-bas, dans le creux, on y a planté un saule, oh, il n'est pas bien grand, mais l'épitaphe est de toute beauté. 



Mes chers amis quand je mourrai
Plantez un saule au cimetière
J'aime son feuillage éploré ;
La pâleur m'en est douce et chère
Et son ombre sera légère
A la terre où je dormirai.



A bientôt avec d'autres photos ...


samedi 26 octobre 2013

Petite pause

Je m'absente quelques jours.
Je vous parlerai de ma destination à mon retour. J'aime bien faire des mystères , pas seulement les lire ;-)
Prenez soin de vous, à bientôt !



vendredi 25 octobre 2013

Oscar Wilde et le jeu de la mort - Gyles Brandreth

Titre original : Oscar Wilde and the Ring of Death
Traduit de l'anglais par Jean-Batiste Dupin
Publié aux éditions 10/18, Département d'Univers Poche, 2009 pour la traduction française.
456 pages


Quatrième de couverture :
Les règles sont simples : chacun inscrit sur une feuille le nom de la victime de son choix. Mais en initiant ses amis au jeu de la mort, OscarWilde n'imaginait pas que le drame rattraperait la comédie. Quand la Faucheuse commence à frapper, Wilde, flanqué de son fidèle ami Conan Doyle, doit enquêter avec zèle... car son nom figure lui aussi sur la liste funèbre.

A propos de l'auteur :
Gyles Brandreth est un brillant touche-à-tout à l'excentricité so british, à la fois journaliste, producteur de théâtre, homme d'affaires, acteur... Inconditionnel d'Oscar Wilde, il a toujours vécu sous le signe du célèbre dandy. Grâce à sa connaissance profonde de l'oeuvre et de la vie du poète, il a su restituer le génie du personnage, dont les enquêtes connaissent un franc succès dans le monde. Il signe en 2010 son sixième roman, Oscar Wilde and murders at Reagind Goal.


Il s'agit du deuxième tome d'une série ( une "nouvelle" série victorienne, chouette ! :-)... Ce tome m'est arrivé dans les mains un peu par hasard, il s'agit d'un cadeau des éditions 10/18 que je remercie au passage.
De moi même je pense que je ne serais pas allée vers ce roman. J'ai lu Le Portrait de Dorian Gray dans ma jeunesse et  j'en garde un souvenir plutôt vague ( dû à l'insouciance de ma jeunesse, je ne remets évidemment pas en cause le talent de l'auteur).
Eh bien Gyles Brandreth a réussi à me donner envie de relire cet auteur !
Nous voici donc ici avec un Oscar Wilde devenu détective. Il est entouré de ses amis Conan Doyle (j'ai trouvé ce duo amusant) et Robert Sherard (qui se présente dans la préface). Robert Sherard est ici le narrateur. 

Une idée de jeu à l'humour un peu macabre, un premier mort, puis un deuxième... coïncidences ou Oscar Wilde se retrouve-t-il mêlé malgré lui  à une affaire criminelle ? Il se sent d'autant plus concerné pour mener l'enquête que son nom (et celui de son épouse) figurent sur la liste. Certes, Conan Doyle est présent mais c'est bien Oscar Wilde le héros, c'est Oscar Wilde qui peu à peu démêle l'écheveau des énigmes grâce à son sens de l'observation aigü et ses facultés d'analyse assez extraordinaires. 
Je ne connais malheureusement pas grand chose de la vie d'Oscar Wilde et je ne sais pas  faire la part des choses et déterminer la part de  sagacité  réelle et la part "romanesque" mais Oscar Wilde est connu pour avoir été un  homme brillant, fin d'esprit et très érudit... apparemment c'était également un travailleur acharné et c'est bien ce portrait que j'ai trouvé dans les pages de Gyles Brandreth. 
L'histoire débute le 1er mai 1892, le narrateur tient un journal intime qui ne nous est pas communiqué mais auquel il se réfère de temps à autres pour nous conter les événements.
Un plan sommaire de Londres en 1892 figure au début du récit.
J'ai été happée dans l'histoire dès le début, j'ai apprécié l'humour de l'auteur et j'ai hâte de découvrir un autre opus de cette série.

Pour les personnes qui voudrait commencer la série dès le début, le premier opus s'appelle : Oscar Wilde et le meurtre aux chandelles.

Et si vous souhaitez acheter votre exemplaire,  je signale que cette collection est disponible dans une nouvelle édition, j'aime beaucoup les couvertures : 




Oscar Wilde et le jeu de la mort rentre dans le cadre des challenges :
- British Mysteries chez Lou et Hilde
- I love London chez Titine et Maggie
- Challenge XIXème siècle chez Fanny et Kheira : Netherfield Park
- Challenge Victorien chez Arieste














mardi 22 octobre 2013

L'apothicaire de Londres - Deryn Lake

L'apothicaire de Londres - Deryn Lake


Titre original : Death in the Dark Walk
Traduit de l'anglais par Jacqueline Lenclud
Edité par : Librairie des Champs-Elysées, collection Labyrinthes, 1994 pour l'édition originale, 1997 pour la traduction française.
317 pages

Quatrième de couverture :
John Rawlings aurait pu demeurer simple apothicaire au milieu de ses pairs. Mais ses talents le conduisent, en 1755, à demander un statut indépendant à sa toute-puissante Corporation. En effet, il projette de déposer le projet de l'eau gazeuse et sa commercialisation dans toute l'Angleterre.
Mais au XVIIIème siècle, Londres n'est pas la capitale industrielle qu'elle deviendra. Elle incarne encore le côté obscur de l'Europe et, au milieu des jalousies et des rivalités, il est bien difficile de s'y faire une place au soleil... John Rawlings l'apprend à ses dépens, lorsqu'il découvre sur sa route le cadavre d'une jeune flle au passé plus que douteux...

Comme il s'agit du 1er tome d'une série historique, je reporte ici en partie les deux notes publiées avant et à la fin du roman :

L'Apothicaire de Londres nous présente Rawling, un apothicaire qui a réellement existé et dont la date de naissance se situe autour de 1731, et John Fielding, le demi-frère aveugle de Henry, l'auteur de Tom Jones. Ce John, surnommé le Blind Beak par le peuple, créa non seulement la compagnie des Runners - qui devinrent par le suite les Bow Street Runners puis la police métropolitaine - mais aussi les Sweeny, l'escadron volant, deux Brave Fellows* (expression de son cru) constamment sur le qui-vive avec un véhicule prêt à les emmener partout dans le royaume, dans le quart d'heure suivant l'appel.
* Brave Fellows : les Braves Compagnons.

John Rawlings émerge de l'obscurité en 1754 quand, le 22 août, il sollicite son admission au sein de l'illustre Société des Apothicaires. Il en devient membre en mars 1755. [...] Il donne son adresse comme étant le 2, Nassau Street. Une bonne centaine d'années plus tard, ce sera celle de H.D. Rawlings Ldt, fabricant de soda. On trouve ici la preuve que John Rawlings fut sans doute le premier à fabriquer de l'eau gazeuse bicarbonatée en ce pays.

Il s'agit du 1er tome d'une série de 12. Cette première aventure se déroule en 1755, sous le règne de Georges II (trois souverains se succéderont encore avant le règne de la Reine Victoria, dernière souveraine  britannique de la maison des Hanovre, maison dont Georges II était le second monarque britannique. C'était la minute "Stéphane Bern"... sourire ).

John Rawlings, notre héros, est un séduisant et fringant  jeune homme de 24 ans qui vient de terminer son apprentissage d'apothicaire (7 ans). Comme tout détective qui se respecte en littérature :-), il a une sorte d'associé : il s'agit de  son ami d'enfance et ancien voisin Samuel Swann, qui pour sa part vient de terminer un apprentissage d'orfèvre.
John Rawlings a été élevé depuis ses trois ans par sir Gabriel Kent,  auquel lui et Samuel sont profondément attachés. Au cours de ce premier tome, nous découvrirons que  sir Gabriel Kent a acheté et offre à John sa première officine.

John et Samuel sortent un soir se divertir dans un lieu très prisé : les jardins de Vauxhall. Malheureusement la fête tourne vite court lorsqu'une femme est découverte assassinée dans l'Allée des Ombres. John ayant découvert le corps, il est amené à aller faire son rapport au Blind Beak (traduction : le Juge Aveugle) et c'est ainsi qu'il se trouve associé à l'enquête. On découvre rapidement que la victime était une prostituée, la favorite d'une maison close de Leceister Fields, d'où elle avait mystérieusement disparu deux mois plus tôt. 

John Fielding, surnommé The Blind Beak a réellement existé, j'ai trouvé un petit article le concernant sur Wikipédia (cliquer pour lire).

J'ai beaucoup apprécié ce premier tome.
- J'en ai aimé le contexte historique, dans une époque qui me change un peu de mes lectures victoriennes. 
- J'ai aimé que l'auteure (et sa traductrice) prennent le temps de soigner le style, ce qui n'est pas toujours le cas pour les romans policiers, un rythme haletant étant parfois privilégié. Je pense que le contexte historique est une aide car il demande l'utilisation ponctuelle d'un vocabulaire un peu désuet, mais qui a toute sa place dans l'environnement de l'époque, et  qui  appelle  plus facilement  un style un peu plus littéraire.
Ex : De là, un lacis de ruelles descendait jusqu'à la Tamise mais, comme c'était un repaire de malandrins et de coupe-jarrets, les porteurs préférèrent passer par la place du marché Hungerford et débarquèrent leur passager en haut de l'escalier qui descendait jusq'aux berges.
Quitte à remonter le temps de deux siécles et demi, autant prendre un peu le temps du voyage et en profiter :-). Le roman se lit malgré tout assez vite.
- J'ai aimé les descriptions de l'environnement où se déroule l'histoire : description notamment de Vauxhall Gardens, mais aussi de certaines demeures, des équipages.
Ce ne sont pas de longs passages et ils n'empiètent pas sur l'intrigue, mais ils permettent de se faire une petite représentation visuelle. J'ai choisi le challenge I love London pour "voyager" un peu dans Londres, même si cette ville a complètement changé de visage depuis. C'est pour cela entre autres que j'apprécie les romans historiques : les auteurs sont obligés de décrire un minimum pour créer leurs ambiances.
- J'ai bien aimé l'intrique que j'ai trouvé bien menée.

C'est un roman policier que j'ai trouvé divertissant et intéressant.

Les jardins tels que ceux de Vauxhall semblent avoir été un lieu de distraction assez en vogue à cette époque et au siècle suivant. Il est amusant de noter que l'intrigue d'un autre roman policier que j'ai lu récemment, Le jardin des derniers plaisirs, de Lee Jakson, se déroule en grande partie dans un jardin "concurrent", Cremorne Gardens.
Ils sont décrits comme des lieux "magiques, enchanteurs, galants et voluptueux" (cf Wikipédia)
Le nom de Vauxhall est d'ailleurs devenu par la suite une sorte de nom générique pour désigner ce type de jardins, dont certains ouvrirent en France et en Belgique notamment.
Ils répondaient aux demandes d'une société qui souhaitait davantage de sociabilité et de plaisirs, sans pour autant que la bourgeoisie et l'aristocratie se mêlent aux divertissements du peuple.

Les jardins de Vauxhall sont décrits comme une sorte de parc d'attractions avec piste de danse et orchestre, dans un univers de fausses ruines, d'arcs de triomphes et de pavillons chinois  avec rocailles, bosquets, jets d'eaux. On y trouvait des salons particuliers et certains jardins proposaient des vols en montgolfière.
L'entrée était gratuite, les boissons et la nourriture payantes.

Pour les personnes intéressées, vous trouverez davantage de renseignements sur l'article de Wikipédia dont j'ai donné le lien plus haut et sur celui-ci  : Vauxhall Gardens

J'ai lu ce livre dans le cadre des challenges suivant : I love London (qui est reconduit pour un an) chez Maggie et Titine, British Mysteries chez Lou et Hilde, Petit Bac chez Enna (catégorie lieu avec le mot Londres dans le titre) et La plume au féminin chez Opaline


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